Découvrir une fissure dans la fondation de sa maison provoque presque toujours la même réaction : l'inquiétude. La bonne nouvelle, c'est que la plupart des fissures de fondation sont bénignes. La moins bonne, c'est que certaines révèlent un véritable problème structural. Savoir les distinguer commence par trois questions : quel type? quelle orientation? est-ce que ça évolue?

Les principaux types de fissures

Les fissures de retrait. Le béton se contracte en séchant dans les mois suivant la coulée. Ces fissures fines, souvent verticales ou en toile d'araignée, sont les plus courantes et généralement sans conséquence structurale. Elles peuvent toutefois laisser passer l'eau et méritent d'être colmatées.

Les fissures verticales. Souvent liées au retrait ou à un léger tassement, elles sont fréquemment bénignes, mais doivent être surveillées – surtout si elles s'élargissent ou laissent entrer de l'humidité.

Les fissures en escalier (ou diagonales). Typiques des murs en blocs de béton, elles suivent les joints de mortier en « marches d'escalier ». Elles trahissent souvent un tassement différentiel du sol : une partie de la fondation bouge plus que l'autre.

Les fissures horizontales. Ce sont généralement les plus préoccupantes. Une fissure horizontale indique une pression latérale excessive sur le mur de fondation – poussée du sol, de l'eau ou du gel. Elle peut s'accompagner d'un bombement du mur et exige une évaluation sans tarder.

Pourquoi les fondations québécoises sont sollicitées

Au Québec, deux facteurs mettent les fondations à rude épreuve. D'abord, les sols argileux, très présents dans les basses-terres du Saint-Laurent : l'argile gonfle en absorbant l'eau et se rétracte en séchant, ce qui fait travailler la fondation. Ensuite, les cycles de gel et de dégel : l'eau présente dans le sol gèle, prend de l'expansion et exerce une pression sur les murs de fondation, hiver après hiver. Ajoutez une mauvaise gestion de l'eau autour de la maison – gouttières mal dirigées, drain de fondation colmaté – et les conditions d'apparition de fissures sont réunies.

Quand faut-il vraiment s'inquiéter?

Le critère le plus important n'est pas la présence d'une fissure, mais son évolution. Une fissure stable depuis des années est généralement moins inquiétante, mais le contexte demeure important. À l'inverse, une fissure qui change est un signal d'alarme. Surveillez en particulier :

  • une fissure qui s'allonge, s'élargit ou change de forme sur quelques mois;
  • la multiplication de nouvelles fissures;
  • toute fissure horizontale ou tout bombement du mur;
  • une infiltration d'eau par la fissure;
  • des portes ou fenêtres qui coincent soudainement, signe possible d'un mouvement de la structure.

Une fissure évolutive reflète souvent un problème sous-jacent – tassement, poussée latérale, mauvais drainage – qui peut mener à des dommages majeurs s'il n'est pas corrigé. Distinguez par ailleurs deux risques : même sans enjeu structural, une infiltration d'eau par une fissure doit être corrigée pour éviter des dommages au bâtiment.

Surveiller, puis faire évaluer

Si la fissure vous semble mineure, documentez-la : marquez les extrémités au crayon avec la date, mesurez la largeur et prenez des photos. Vous saurez ainsi en quelques mois si elle bouge.

Dès qu'une fissure évolue, qu'elle est horizontale, ou que vous avez le moindre doute, la façon la plus sûre d'obtenir l'heure juste est de la faire examiner par un ingénieur en structure. Notre expertise structurale résidentielle permet de déterminer la cause réelle de la fissure (tassement, mouvement du sol, surcharge), d'évaluer ses conséquences et de recommander la bonne réparation – ni plus, ni moins. Et si votre fissure est purement cosmétique, nous vous le dirons.

Vous n'êtes pas certain de la gravité de ce que vous voyez? C'est exactement le genre de question à laquelle un ingénieur peut répondre. Contactez notre équipe de Québec et Lévis.


Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une évaluation sur place par un ingénieur.